Pourquoi et comment?
Pourquoi, au cours de ma pratique, j’ai décidé d’adopter le kamae Jôdan, et comment j’ai fini par le conserver ?
Si vous interrogez plusieurs pratiquants Jôdan, j’imagine que chacun(e) aura une réponse personnelle. Je ne fais pas exception. Le kami du Kendo ne m’est pas apparu dans un rêve pour m’exhorter à prendre la garde de feu ! 😉
Pour répondre à la question, il faut d’abord placer le contexte : j’étais alors 3e dan, dans les temps pour présenter le 4e. Et à la fin de keiko et ji-geiko, plusieurs personnes (Sensei et senpaï) m’ont fait remarquer qu’il fallait que je renforce ma menace, et que je ne compte pas seulement sur le kensen pour y arriver. Fort de ces conseils, j’ai commencé à réfléchir à un moyen d’orienter mon entraînement pour atteindre ce but. Ce n’était pas facile, et les nombreux échecs au passage du 4e dan ont, je l’avoue, un peu sapé mon optimisme. Mais pas ma détermination.
Je me suis focalisé sur le passage de cette fameuse « marche » (ressenti : immeuble de 100 étages !) entre le 3e et le 4e dan. Et, une fois l’obstacle (finalement) franchi, j’ai recommencé à chercher un moyen de rendre ma menace plus efficace. C’est une phrase de Moustache Sensei (plus besoin de le présenter) qui m’a donné le déclic. Il m’a dit un jour :
Ce n’est pas que le shinai ou le bokken qui fait la menace, mais tout le bonhomme derrière !
Tout le bonhomme… Ces mots ont résonné un moment, et je me suis demandé : comment arriver à ce résultat en n’utilisant plus mon kensen ?
La réponse était simple : le kamae Jôdan.
C’était à la fois évident et effrayant. Jôdan… hidari Jôdan ! Ça voulait dire tout réapprendre. La position du shinai… et surtout les pieds ! Je n’étais pas du tout prêt à ça.
J’ai donc opté pour un mélange : prendre Jôdan, mais en gardant la position des pieds du kamae chûdan.
À l’époque, j’étais encore convaincu que c’était temporaire, et qu’une fois ma menace renforcée, je reviendrais en chûdan. Grave erreur.
Même si avoir le shinai au-dessus de la tête m’a forcé à travailler mon seme, la position de mes pieds ne me permettait pas d’avoir l’allonge redoutable des vrais pratiquants Jôdan. Mon Sensei l’a vite remarqué d’ailleurs ^^
Après une remarque bien sentie et très juste (ippon !), j’ai pris la décision de réellement adopter hidari Jôdan.
Et oui, de tout réapprendre. Depuis (presque) le début. Ce fut dur, très dur. Et c’est toujours le cas. Tant de choses à travailler. Encore plus qu’avant.
Mais cette décision est arrivée à un moment de ma vie où j’en avais vraiment besoin, sans même le savoir.
Je ne l’ai pas fait pour attirer l’attention ni par lubie. Cela vient véritablement d’un cheminement personnel, et même émotionnel.
On ne peut pratiquer et arpenter la Voie du sabre qu’en étant sincère, en acceptant de dévoiler son cœur.
Depuis, j’ai le sentiment d’avoir trouvé ma voie dans la Voie. Même s’il me reste un nombre incalculable de choses à travailler (on en est tous et toutes là), je sais que c’est ce qui me correspond.
Et vous ? Qu’est-ce qui vous a fait sauter le pas ? Et pourquoi ?


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